Restaurer les cours d’eau et les zones humides
La Sèvre Niortaise et ses affluents, comme la majorité des cours d’eau français, ont été aménagés par l’Homme afin de répondre à différents usages (moulins, agriculture, infrastructures, gestion de l’eau, etc.). Ces aménagements ont souvent modifié leur fonctionnement naturel et altéré leurs fonctionnalités écologiques.
Aujourd’hui, les travaux de restauration menés par le SMC visent à redonner aux milieux aquatiques leur capacité à fonctionner naturellement, tout en conciliant les activités humaines et la préservation de la biodiversité.
Restaurer la morphologie des cours d’eau
La restauration morphologique concerne les portions de cours d’eau qui ont été rectifiées, déplacées ou profondément modifiées. L’objectif est de leur permettre de retrouver une dynamique naturelle des écoulements, de recréer des habitats favorables à la faune et à la flore, et de restaurer leur capacité d’autoépuration.
Selon les caractéristiques du site, les interventions peuvent être très variées, par exemple :
- recharge du lit en matériaux (pierres, graviers) afin de diversifier les écoulements ;
- réduction de la largeur du lit lorsque celui-ci est surdimensionné ;
- remise du cours d’eau dans son lit d’origine (remise en fond de talweg) ;
- reméandrage pour recréer les courbes naturelles ;
- rehausse de radiers ;
- création de banquettes alternées ;
- utilisation de matériaux naturels tels que la pierre et le bois.
Ces travaux permettent d’améliorer durablement le fonctionnement écologique des cours d’eau.

▶ À découvrir : film de restauration du site de Brieuil (prochainement)
Restaurer les zones humides
En France, on estime que près de la moitié des zones humides a disparu entre les années 1960 et 1990.
Pourtant, ces milieux remplissent de nombreuses fonctions essentielles :
- limiter les inondations en stockant temporairement l’eau ;
- soutenir les cours d’eau en période d’étiage ;
- améliorer naturellement la qualité de l’eau ;
- accueillir une biodiversité exceptionnelle.

Les travaux de restauration sont adaptés à chaque site et à son histoire. Ils peuvent notamment consister à :
- supprimer un plan d’eau artificiel ;
- remettre une parcelle en prairie permanente ;
- retirer des merlons ou remblais en bordure de cours d’eau ;
- rétablir les connexions entre le cours d’eau et sa plaine alluviale.
Restaurer la continuité écologique et sédimentaire
La continuité écologique permet aux poissons, mais également aux sédiments, de circuler librement le long des cours d’eau.

Lorsqu’un ouvrage fait obstacle à cette circulation, plusieurs solutions peuvent être envisagées :
- aménager l’ouvrage existant (par exemple avec une passe à poissons) ;
- remplacer un ouvrage inadapté ou sous-dimensionné ;
- supprimer un seuil ou un barrage lorsqu’il n’a plus d’usage.
Ces interventions favorisent le déplacement des espèces, le transport naturel des sédiments et le bon fonctionnement des milieux aquatiques.
Aménager les abords des cours d’eau pour le pâturage

Le pâturage à proximité d’un cours d’eau peut être bénéfique lorsqu’il est correctement géré. À l’inverse, un accès libre et permanent des animaux peut entraîner le piétinement des berges, la dégradation des frayères et une augmentation de la turbidité de l’eau.
Lorsque ces dégradations sont observées, la mise en place de clôtures est recommandée. Elles permettent :
- de protéger les berges et les habitats aquatiques ;
- de préserver la qualité de l’eau ;
- de limiter la transmission de certaines maladies ;
- d’offrir aux animaux une eau plus propre grâce à des points d’abreuvement aménagés.
En l’absence de veaux, le fil inférieur d’une clôture barbelée peut être installé entre 60 et 70 cm du sol. Les bovins peuvent ainsi brouter sous la clôture, ce qui limite le développement de la végétation sans compromettre la protection des berges. À plus long terme, ces aménagements favorisent le développement naturel de la végétation : des herbacées vers les arbustes, puis les arbres, permettant ainsi la reconstitution d’une ripisylve. Cette végétation apporte de l’ombre au cours d’eau, limite son réchauffement estival et contribue également au bien-être du bétail.
Sensibiliser, former et accompagner
La préservation des cours d’eau repose également sur le partage des connaissances.
Le SMC mène des actions de sensibilisation, de formation et de communication auprès de nombreux publics : élus, riverains, agriculteurs, scolaires, associations et grand public.
Mieux comprendre le fonctionnement des cours d’eau, des zones humides et des bassins versants permet de mieux identifier les enjeux et les solutions existantes.
Développer cette culture commune constitue une étape essentielle pour favoriser des actions concrètes en faveur de la préservation et de la restauration des milieux aquatiques.






